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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 12:02
Dans le milieu vétérinaire, la publicité est interdite: ne reste plus que le bouche à oreilles pour se faire connaître!pubbis954.jpg
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commentaires

Vallet Dominik 16/12/2007 10:57

J'y ai eu droit aussi sur mon strip sur Prison Break...
On appelle ça un cheveu sur la soupe, non ?

KASTET 16/12/2007 11:21

Remarque, placer une réclame pour un livre sur mon dessin sur l'interdiction de la pub chez les vétos, c'est pas mal, non?bon we, je viens de suturer une minette...

Gueuz 15/12/2007 14:01

Alain Badiou, né en 1937, est l'un des plus grands noms de la philosophie mondiale. Enseignant à l'ENS de la rue d'Ulm, il est l'auteur de classiques comme «Théorie du sujet» ou «l'Etre et l'Evénement».

Nouvel Observateur. - Vous allez jusqu'à opérer une analogie entre sarkozysme et pétainisme. Qu'est-ce qui permet, selon vous, ce rapprochement historique pour le moins audacieux ?

A. Badiou. - Il n'y a pas de ressemblance au sens strict, mais un esprit commun. J'appelle «pétainisme» une forme particulière de la réaction française, qui existe au fond depuis 1815. Premier trait : présenter une politique capitularde comme une régénération nationale. La «rupture», c'est quoi ? Le démantèlement des acquis sociaux, le fait que les riches paient moins d'impôts, qu'on privatise de façon rampante l'université, qu'on donne les coudées franches aux affairistes. Cette façon de déguiser une soumission au capitalisme mondialisé en révolution nationale relève en soi du «pétainisme», au sens formel. Deuxième trait : une répression administrative très dure, visant des groupes tenus pour étrangers à la société «normale». Il ne faut tout de même pas oublier que la dernière élection s'est gagnée sur la capacité à capter les électeurs du FN. Créer des suspects, les Africains, ou les musulmans, ou les jeunes des banlieues, figures nébuleuses à réprimer et à surveiller, est une activité essentielle du nouveau pouvoir, loin d'être seulement son ornement extérieur.

N. O. - Vous évoquez aussi un retour à l'esprit du XIX«siècle, décrivant des capitalistes décomplexés, animés par l'idée que les pauvres sont des paresseux, les Africains, des arriérés....

A. Badiou. - Il s'agit d'un phénomène mondial, pas simplement français. La cause majeure, c'est bien sûr l'effondrement provisoire de l'hypothèse communiste. Tant que celle-ci vivait, les dominants étaient obligés de négocier âprement leur pouvoir, parce qu'une autre voie existait, et qu'une conviction populaire et intellectuelle la soutenait massivement. Maintenant, la bourgeoisie est dans le lâche soulagement : l'«idée» est discréditée, les Etats communistes sont eux-mêmes devenus capitalistes. Le capitalisme peut à nouveau se présenter comme la solution indépassable, et l'argent être réintroduit comme valeur. Sarkozy est l'homme de tout ça. L'«homme de la situation». Au fond, c'est le premier vrai poststalinien français. (Rires.)

N. O. - Autre marqueur idéologique du sarkozysme : le ralliement à un système américain pourtant lui-même largement décomposé... Comment l'interprétez-vous ?

A. Badiou. - Je pense qu'il était extrêmement important pour Sarkozy de montrer rapidement que le gaullisme était mort. D'où son positionnement rapide en chouchou de Bush. Mes amis américains sont horrifiés, à vrai dire. La France reste un mythe là-bas. Ce que vous ne comprenez pas, leur dis-je, c'est à quel point la France est profondément réactionnaire en ses tréfonds. Le Front populaire a tout de même débouché sur Pétain. Mai-68, sur une Chambre des Députés bleu horizon. Si vous la prenez dans sa masse, elle est assez horrible, la France. Attention, c'est un patriote français qui dit ça. Quelqu'un de très attache a ce pays.

N. O. - C'est-à-dire ?

A. Badiou. - Deux choses m'y rattachent profondément. La grande tradition du rationalisme français bien sûr, de Descartes à Lacan, en passant par les Lumières. Et puis, une poignée de gens, dont la Résistance offre l'image absolue. Au bout du compte, la France a toujours été sauvée par les acrobaties d'un tout petit nombre. C'est sur celui-ci qu'on doit continuer à miser.

«De quoi Sarkozy est-il le nom ?», par Alain Badiou, Editions Lignes, 156 p., 14 euros.

KASTET 15/12/2007 18:30

Cher Gueuz, j'ignore ce que cet extrait d'itw du dernier mohican de mai 68 vient faire ici mais ce blog se veut apolitique. Merci de votre compréhension...

HerbeDeProvence 15/12/2007 12:32

sympa.
Au fait, pourquoi on vous interdit la pub? comme les médecins d'ailleurs?
Un peu de pub comparative pourrait même sauver des vies, non?

KASTET 15/12/2007 18:28

Oui, comme les médecins et théoriquement les pharmaciens: nous dépendons d'un Ordre des Vétérinaires et suivons les régles d'un code de déontologie...qui interdit toute forme de publicité en dehors des locaux...pour les mêmes raisons éthiques je pense que dans le cas de la médecine humaine...On peut le regretter ou s'en réjouir mais c'est comme ça...Personnellement, je ne suis pas pour...car la pub ne profite pas forcément aux meilleurs mais à ceux qui ont les moyens financiers...

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